L’année dernière Girls a fait sensation en secouant quelque peu la comédie américaine. La première saison peignait le portrait réaliste de quatre jeunes New-Yorkaises. Des personnages normaux, en rupture avec la figure idéalisée de la riche et gracieuse (arrogante et prétentieuse) trentenaire de Manhattan.

Dans cette deuxième saison, Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna sont malmenées, bouleversées, révélant ainsi une facette plus sombre de leur vie.

Tout commence en douceur avec un season premiere très posé. Les vingt première minutes tiennent plus du “Previously on …” que des bouleversements intrigants de la première saison. Et c’est la première moitié de cette seconde saison qui continue sur un rythme lent, presque ennuyant. Un début très monotone entrecoupé d’instants assez particuliers : Hannah qui montre ses seins, Hannah qui prend de la coke, etc.

 Cependant tous les personnages évoluent, lentement mais dangereusement. Chacun est malmené, tracassé par des histoires de couple, d’amis ou de famille. L’épisode 7 “Video Games” est le plus représentatif de cette évolution : Jessa rencontre son père. On lui découvre alors une toute nouvelle facette, un trait de caractère qu’elle avait jusqu’alors dissimulé sous un masque de femme libérée et indépendante. Elle souffre encore de l’absence de son père durant son enfance. Ce qui nous permet de comprendre pourquoi elle voyage tout le temps, pourquoi elle disparaît et réapparaît bien plus tard (cf. Saison 1 Episode 1 : la première apparition de Jessa, qui revient de Londres). Jessa fuit constamment pour ne pas faire face à ses problèmes.

La progression est passionnante puisqu’elle s’attarde sur chacun des personnages, même secondaires : Adam essaye de se remettre de sa rupture avec Hannah, Ray veut oublier ce complexe d’infériorité envers Shoshanna. Cet intérêt pour des protagonistes annexes est captivant mais leur évolution est mal écrite, mal développée. A vouloir s’intéresser à tous les personnages la série s’égare et l’intrigue perd en qualité. Le fil principal s’effiloche et on se sent perdu : où va l’histoire ? Qu’est-ce qu’on nous raconte ? Girls se serait-elle trop focalisé sur l’écriture des personnages et aurait ainsi délaissé la progression dramatique ?

Tant est si bien que cette saison devient lassante. C’est bon, on a compris que ces new-yorkaises sont jeunes et mal dans leur peau. Pas besoin de nous le rabâcher pendant 10 autres épisodes. L’impression que Girls n’a plus grand chose à raconter se renforce. Et ce jusqu’à la révélation du gros problème d’Hannah : un TOC (elle répète les choses 8 fois de suite). La série se recentre alors inexorablement sur ce personnage principal. C’est bien, ça redynamise la série. Mais tous les autres protagonistes sont oubliés, refoulés au second plan. Hannah prend toute la place (sans jeu de mots) dans l’intrigue, ce qui tend à la transformer en un personnage exaspérant. Et c’est aussi valable pour l’actrice : Lena Dunham, qui ne cesse de se mettre en avant. Attention Lena, tu prends la grosse tête.

(Par souci d’objectivité voici une interprétation exagérée de l’omniprésence du personnage joué par Lena Dunham : l’effacement progressif des personnages serait un moyen de souligner la solitude d’Hannah dans les trois derniers épisodes.)

Il est clair que la saison 2 de Girls est bien en deçà de la première. La série a perdu un peu de son dynamisme, les personnages ont perdu un peu de leur intérêt et Hannah est devenu vraiment chiante. Cependant Girls reste toujours aussi originale et réaliste, oubliant astucieusement les codes traditionnels de la buddy series. Espérons juste que la troisième saison soit moins centrée sur la vie romancée de Lena Dunham.