Assassin’s Creed 3

L’Amérique, ou plutôt les 13 colonies, un territoire nouveau, une terre d’opportunités mais aussi d’affrontements violents; l’endroit parfait qui permet à Ubisoft de relancer la franchise Assassin’s Creed. Assassin’s Creed 3 introduit un nouvel assassin, le troisième : Ratohnhakéton, ou Connor Kenway, né d’une mère indienne et d’un père anglais. C’est en 1770 que le jeune métis Mohawk entre dans l’ordre des Assassins, soit cinq ans avant la Guerre d’indépendance américaine. Les Assassins sont alors affaiblis et essaient désespérément de lutter contre les Templiers qui veulent contrôler ce nouveau territoire

Nouvelle ville, nouvelle ambiance

La ville de Boston s’ouvre à nous après plusieurs phases de jeu très ennuyeuses alternant tutoriels superficiels et cinématiques de piètre qualité. L’aspect de cette ville choquera les joueurs d’Assassin’s Creed, habitués à des dédales de rues compactes ainsi qu’à des minarets et autres clochers d’église crevant le ciel. Rien de tout ça dans Boston, ici les rues sont larges, bien quadrillées et seuls quelques bâtiments viennent rompre l’horizontalité de la ville américaine.
Mais n’ayez crainte chers arpenteurs de Florence ou de Rome, de Damas ou de Jérusalem; cette nouvelle ville ne vous laissera pas sur votre faim. Épicentre de la Révolution américaine, Boston grouille de vie. Entre le port, les marchés, les harangueurs de foule, les marchands et les patrouilles d’Anglais on ne sait plus où donner de la tête. Une ambiance sonore très réussie vient tonifier le tout.
Une ville dynamique qui va permettre une grande interaction entre le personnage et tous les éléments de décors. La ville est à notre disposition, que ce soit simplement pour caresser un chien ou pour échapper aux gardes en traversant une maison.
L’immersion dans ce cadre urbain du Nouveau Monde au 18ème siècle est sublimée par des graphismes affichant des textures bien lissées. Entre vos courses assassines, plongeant vos lames froides dans la chair sanglante des terribles templiers, n’hésitez pas à prendre le temps de contempler la beauté des couleurs et des lumières. Alors que le matin, dans les grandes rues près du port l’ambiance du marché est bruyante; le soir, dans les ruelles, des hommes se rassemblent silencieusement autour d’un feu, d’autres déambulent, une lanterne pendant au bout de leur bras.
Bref, le level design de la ville est très réussi et on pourra passer tout un après-midi à arpenter Boston ou New York. La seule petite réserve que j’émettrais est que les deux villes du jeu se ressemblent trop. L’architecture ou la géographie des lieux ne permettent pas de les distinguer, contrairement à Assassin’s Creed 2 avec Florence, Venise et Monteriggioni.

La « Frontière », lieu de passage plutôt que d’exploration

Mais toute l’histoire ne se déroule pas dans la ville, la “Frontière” est tout aussi importante que l’univers urbain. Cette vaste étendue verdoyante et boisée est appelée de la sorte car elle agit comme une zone tampon entre les 13 colonies et les territoires Indiens. Originaire de ces terres, Connor (plus facilement prononçable que Ratohnhakéton) veut à tout prix les protéger de la barbarie des Occidentaux qui pillent, brûlent et tuent.
Beaucoup de nouveaux aspects du gameplay sont justifiés par l’appartenance du héros à la culture indienne, d’où l’arc, le tomahawk et l’aptitude à monter aux arbres. De nouvelles caractéristiques que l’on découvre à travers des phases de tutoriels assez ridicules et simplettes.
Ces aptitudes, avant de vous permettre de trancher dans le gras de Templiers ou d’anglais, vous aideront à tuer du gibier. Et oui, Assassin’s Creed nous donne désormais l’occasion de pister le lapin ou la biche (le loup ou l’ours, pour les plus téméraires), un peu dans la lignée de Red Dead Redemption. Même si le système de chasse est divertissant il ne parvient pas à nous faire ressentir les sensations éprouvées avec le jeu de Rockstar.
Cette grande étendue est clairsemée par quelques petits villages, très accueillants, et des forts, qui le sont moins. Mais la “Frontière” est un lieu trop vaste pour le peu de choses qu’on a à y faire. Et c’est bien dommage puisqu’elle devient alors un lieu de passage plutôt qu’un lieu d’exploration.

Voilà le problème majeur d’Assassin’s Creed 3 : on ne s’attache pas assez aux villes visitées, du moins pendant l’histoire du jeu. En effet le scénario trimbale le pauvre Connor du Nord au Sud des 13 colonies, de New York à Boston en passant vite fait par la Frontière. Pas le temps de finir une mission et de visiter une ville qu’on doit la quitter.
Les points de voyage rapide, bien pratiques, n’arrangent pas ce problème. Ils permettent de se téléporter à l’autre bout de la carte et nous évitent bien de pénibles courses à pied et à cheval. Mais ils nous empêchent aussi de flâner dans la ville, de se perdre dans les rues tout en cherchant des trésors, des missions annexes. Seule demeure l’envie de finir l’histoire au plus vite.

Démystification de la figure de l’Assassin

D’ailleurs l’histoire est très décevante. Pourtant le scénario est bien amené, si ce n’est une mise en bouche un peu trop longue. En fait ce n’est pas tant le scénario qui est mauvais mais la façon dont il développé. L’histoire se déroule, les évènements s’enchaînent, les assassinats se multiplient mais on reste perplexe face au développement de l’intrigue. Il n’y a pas moyen d’être captivé par ce qui se passe, de s’approprier le scénario. Serait-ce dû au fait que dès la première heure de jeu on connaît notre but ? Non, je pense plutôt qu’Assassin’s Creed 3, en voulant englober de façon gargantuesque toute l’histoire de la Révolution américaine, se détourne de l’aventure du héros que nous incarnons.

Mais surtout, ça manque cruellement de projets aux proportions épiques ! On est loin du projet d’assassinat du pape ou de Cesare Borgia. Avec Ezio Auditore on se demandait comment on allait bien pouvoir pénétrer dans des forteresses bien gardées afin de venger un terrible affront.
Et puis la figure d’assassin furtif continue de perdre son charme. Ça a commencé avec Revelations où on brûlait toute une flotte et Assassin’s Creed 3 continue de ternir la réputation mystérieuse des Assassins. Connor fait ami-ami avec les hommes politiques et dirige des bataillons de soldats. Où est donc passé cet assassin qui agit dans l’ombre ?
Et bien il a ôté sa capuche pour se révéler être antipathique, désagréable et irrespectueux. Connor, solitaire et arrogant, se rapproche pourtant d’Altaïr; mais sans pour autant atteindre le prestige de cette légende.
Je passerais sous silence la partie contemporaine de l’histoire. Un crasseux mélange de science-fiction et de théorie du complot. A défaut de nous renseigner clairement sur l’origine de l’ordre des assassins ou sur la famille de Desmond Miles, Ubisoft ressort ses personnages aussi intéressants et expressifs que des pots de fleur.

Renouveau de la franchise

Heureusement que ce nouvel opus de la franchise nous amène une flopée de nouveautés pour masquer au mieux ce gros point noir. La refonte du moteur physique permet au personnage d’exécuter des mouvements beaucoup plus fluides et naturels – notamment dans l’escalade.
Pareil pour le combat, rendu encore plus dynamique. On se sent alors presque coupable de prendre tant de plaisir devant cette chorégraphie macabre de coups mortels ultra-violents accompagnés des traditionnels bouillons de sang.
Et vous serez accompagnés par des camarades aux attitudes spéciales (tireur d’élite, déclencheur d’émeute, …) qui constitueront votre guilde d’Assassins. Enfin si on peut appeler ça comme ça vu la discrétion et la dégaine de vos fidèles amis.

Mais un beau jour vous allez vous lasser de tant de tueries sur la terre ferme… Prenez donc la mer cher ami, voguez sur les mers pour couler par le fond Anglais, pirates et Templiers. Les batailles navales sont un élément jusqu’à alors jamais vu dans Assassin’s Creed. Désormais on peut contrôler un fringuant navire, usant de divers canons pour attaquer. Il faudra maîtriser de nombreuses techniques pour survivre en ces traîtres eaux de l’Atlantique Nord.
Cette nouveauté peut au début paraître gadget ou simplement distrayante mais on se rend vite compte qu’elle est un axe majeur du jeu. Une toute nouvelle façon de jouer à Assassin’s Creed voit le jour grâce à ces batailles navales épiques.

Vous l’aurez compris, Assassin’s Creed 3 est un véritable renouveau de la franchise phare d’Ubisoft. Le jeu amène une pléthore de nouveauté tout en gardant les ingrédients qui ont fait le succès des opus précédents  Ainsi, à Boston comme à New York, dans la Frontière comme en mer vous ne manquerez pas de passer de très bons moments. Et même si le scénario est bateau et les bugs abondants, Assassin’s Creed 3 réussit de façon honorable à prendre la relève des légendaires Ezio et Altaïr.

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5 Comments

  1. Moug_atine

    Les villes (NY et Boston deux copies identiques) ne sont pas tellement vivantes. Revelation (même s’il l’histoire était pourri) avait une ambiance plus vivante, là… Ça vole bas. On croise 36 fois le même passant vu le nombre de skin, les même 3 gamins… Le marché est d’un chiant. Aucune animation, les crieurs publics sont totalement ignorés par la population, les passants ont peu de réaction face à un massacre… Il y a beaucoup moins de son, d’atmosphère (brume, fumée…) que dans Revelation. Les seuls intermèdes musicaux seront le bruit d’un tambour ou d’un animal. (ou les exaspérants rires des 3 gamins).

    Dans les points négatifs je rajouterais le domaine d’achilles qu’on peut améliorer. Peu d’intêret. Je suis nostalgique du château d’Ezio.

    Par contre en bon point positif, je suis d’accord que les animations (surtout les killcam) sont bien meilleurs. Les slow-motion sont appropriés, ni trop ni pas assez.

    Un dernier point, négatif, mais probablement dû à l’histoire même des villes et non des développeurs: Dur, dur de se repérer de mémoire dans la ville tant toutes les rues et maisons (ou même les quartiers -identiques-) se ressemblent.

    • C’est vrai qu’on recroise souvent les même personnages et que les animations sont semblables. Mais ce n’est pas ça qui enlève le charme de ces villes américaines.
      Et je ne suis pas d’accord quand tu dis que les endroits se ressemblent tous, le port et ses marchés sont bien différents des petites ruelles la nuit.
      Quant à l’ambiance sonore je la trouve extraordinaire, non pas la musique mais plutôt les bruits environnants, les discussions, les crieurs.
      Et je trouve le domaine Davenport beaucoup plus distrayant que le château d’Ezio où il fallait simplement payer pour voir une animation de rénovation d’une des échoppes. Avec ce domaine on sauve des gens, on construit sa petite communauté, on peut aller taper la discut’ avec les bûcherons ou le brasseur. C’est quand même beaucoup plus vivant que les rues désertes de Monteriggioni.

    • Tout a fait daccord, jai été formidablement décu par ce troisieme opus, a un point tel que jai laché laffaire apres six heures de jeu. (D’ennui) . Pour moi c incompréhensible, au vu des critiques dithyrambiques qui me l’ont fait acheté ( et meme je suis fan de la saga) c fou a quel point tout a été nivelé par le bas, a commencer par les phases de grimpette, quasi inexistantes ici, en ville comme dans cette m.rde de frontiere. C quand meme ski fait le sel de ce jeu, et la on se retrouve effectivement avec un avatar un poil plus agile, mais avec une aire de jeu proprement inintéressante. Si au moins les ou la ville avait déployé les trésors de complexité et de level design (de fun koi merde!!!) éprouvés dans florence, venise, rome ou que sais-je encore, jaurais pu avaler la frontiere. Mais que nenni, ya rien, de lennui de lennui et encore de lennui, jen suis malade, jai mal au coeur pour cette saga, je crois que le virage est pris, et que black flag sera dans la continuité, je suis décu et jai mal au coeur dappartenir a cette minorité de gens extremement décu par assassins creed 3.

      • Cédric

        Tu n es pas le seul. Ce jeu est une catastrophe. Une trahison à la franchise des assassin’s creed. Les quêtes sont inintéressante et on oublie très souvent à quoi servent nos actes. En dehors des batailles navales qui sont vraiment fun, tous ce qui sort du scénario est inutile voir lourd. Le développement du domaine ne sert à rien. Le contrôle des quartiers non plus. A recruter des assassins? Pour ce qu il servent. .. j ai découvert assez tard le système de missions dans les provinces pour les recrues et je l’ai laissé tomber aussitôt tant l interface était lourdingue. Parlons en de cette interface. Inutilisable, bug sur bug, des initiatives désagréable sur le choix des armes.
        Les autres point faible? Où commencer…
        IA misérable, cinématique interminable, trame incohérente et trop rapide, personnages pas attachants, quêtes sans aucune forme de logique, gestion des combats chaotique, ennemis apparaissant de nulle part sans aucune raison, …
        En dehors des batailles navales, rien dans ce jeu n’est reussi. Je suis pas déçu, je suis dégoûté.

        • C’est exactement ça, on ne retrouve plus l’essence d’AC I, II et Brotherhood : la discrétion, la furtivité, être un inconnu, un anonyme de plus mais seulement en apparence.
          Pour cela je comparerais toujours le trailer du d’AC I où Altair se cache habilement dans la procession de moines en enfilant sa capuche aux explosions bordéliques et aux destructions en masse de Revelations et du III.

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